Glossaire · Développement personnel

L'estime de soi : le regard que l'on porte sur sa propre valeur

Étymologie : du latin aestimare, « évaluer, déterminer la valeur »
Lecture ~7 min Concept fondamental Sources citées
L'estime de soi : définition, composantes et origine — SpiriVie Formations
Définition
Estime de soi— nom féminin

Jugement global, plus ou moins favorable, qu'une personne porte sur sa propre valeur. L'estime de soi traduit la mesure dans laquelle on se considère digne d'intérêt, de respect et d'amour, indépendamment de ses réussites ou de ses échecs. Elle ne porte pas sur ce que l'on sait faire, mais sur ce que l'on pense valoir : c'est le regard intime que l'on pose sur soi.

Aux origines du concept

Loin d'être une mode récente, l'estime de soi est étudiée par la psychologie depuis plus d'un siècle. Quelques grandes étapes en ont façonné la compréhension actuelle.

1890

William James

Le philosophe et psychologue américain propose la première formulation de l'estime de soi, comprise comme le rapport entre nos réussites et nos prétentions : plus nos succès rejoignent nos aspirations, plus l'estime grandit.

1965

Morris Rosenberg

Le sociologue conçoit l'échelle d'estime de soi (RSES), composée de dix items, aujourd'hui encore l'outil de mesure le plus utilisé dans la recherche internationale.

1969 – 1994

Nathaniel Branden

Le psychologue fait de l'estime de soi un besoin psychologique fondamental, reposant sur deux piliers : l'efficacité personnelle et le respect de soi. Il en formalise six pratiques quotidiennes.

1999

Christophe André et François Lelord

Les deux psychiatres popularisent le sujet en langue française et décrivent l'estime de soi à travers trois composantes complémentaires, devenues une référence francophone.

Les composantes de l'estime de soi

L'estime de soi n'est pas un bloc unique. On la décrit le plus souvent à travers trois composantes, auxquelles s'ajoute une dimension tournée vers la relation : l'affirmation de soi.

Amour de soi

Se respecter et s'accepter de façon inconditionnelle. C'est la composante la plus profonde, qui se construit dès l'enfance au contact de l'affection reçue.

Vision de soi

Le regard que l'on porte sur ses qualités, ses limites et ses ressources. Une vision lucide et bienveillante, plutôt que sévère, nourrit une estime solide.

Confiance en soi

La conviction d'être capable d'agir et de relever des défis. Composante de l'estime de soi, elle en est la mise en mouvement, dans le concret de l'action.

Affirmation de soi

La capacité à exprimer ses besoins et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. L'estime de soi qui s'exprime dans la relation.

À ne pas confondre

Estime de soi, confiance en soi, orgueil : trois notions distinctes

L'estime de soi est souvent confondue avec la confiance en soi. Pourtant, l'une porte sur la valeur que l'on se reconnaît (« je vaux »), tandis que l'autre porte sur ses capacités à réussir une action précise (« je peux »). On peut très bien posséder l'une sans l'autre.

Elle ne se confond pas non plus avec l'orgueil ou le narcissisme : une bonne estime de soi n'est pas le sentiment d'être supérieur aux autres, mais celui d'avoir, comme chacun, une valeur intrinsèque. Elle s'accompagne généralement de plus d'humilité, et non de moins.

Pour explorer en détail ce qui sépare estime et confiance, et savoir laquelle travailler en premier, consultez notre guide : Estime de soi et confiance en soi : quelle différence ?

Comment se construit l'estime de soi

L'estime de soi se forge très tôt, à partir du regard des premières figures d'attachement. Un enfant qui se sent aimé et reconnu pour ce qu'il est, et non seulement pour ce qu'il réussit, pose les fondations d'une estime stable.

Elle se nourrit ensuite tout au long de la vie : des expériences de réussite et d'échec, des comparaisons sociales, des messages reçus de l'entourage et du dialogue intérieur que l'on entretient avec soi-même. Un discours intérieur sévère l'érode ; un discours bienveillant la consolide.

Bonne nouvelle : l'estime de soi n'est jamais figée. À l'âge adulte, elle reste pleinement modifiable et peut se renforcer par un travail régulier sur l'acceptation de soi et le passage à l'action.

Ce qui forge l'estime de soi

  • Le regard et l'amour des premières figures d'attachement.
  • Les expériences vécues de réussite et d'échec.
  • Les comparaisons aux autres et au groupe.
  • Le dialogue intérieur, bienveillant ou sévère.
  • Le travail conscient d'acceptation, à tout âge.
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Questions fréquentes

C'est le jugement global que l'on porte sur sa propre valeur : se considérer, ou non, comme une personne digne d'intérêt, de respect et d'amour. Elle concerne ce que l'on pense valoir, et non ce que l'on sait faire.

On en décrit le plus souvent trois : l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi. On y ajoute fréquemment une quatrième dimension tournée vers la relation aux autres : l'affirmation de soi.

Il est étudié depuis la fin du XIXe siècle. William James en propose la première formulation en 1890, Morris Rosenberg crée son échelle de mesure en 1965, et Christophe André et François Lelord popularisent le sujet en français en 1999.

Elle se construit. Ses fondations se posent dès l'enfance, à partir du regard des figures d'attachement, puis elle évolue toute la vie. À l'âge adulte, elle reste modifiable et peut se renforcer par un travail régulier.

L'outil de référence est l'échelle de Rosenberg (RSES), un questionnaire de dix affirmations auxquelles on répond sur une échelle d'accord. Elle reste l'instrument le plus utilisé dans la recherche pour estimer le niveau d'estime de soi.

Gaëlle de Gabriac, fondatrice de SpiriVie Formations
Rédigé par

Gaëlle de Gabriac

Cofondatrice de SpiriVie Formations, école de thérapie holistique en ligne accréditée IPHM ; conçoit les contenus pédagogiques et accompagne les personnes qui souhaitent se former aux métiers de l'accompagnement.

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Sources
  • William James, The Principles of Psychology, 1890.
  • Morris Rosenberg, Society and the Adolescent Self-Image, Princeton University Press, 1965.
  • Nathaniel Branden, The Psychology of Self-Esteem, 1969 ; Les Six Piliers de l'estime de soi, 1994.
  • Christophe André et François Lelord, L'Estime de soi. S'aimer pour mieux vivre avec les autres, Odile Jacob, 1999.

Pour aller plus loin