Développement personnel · Guide de référence

Estime de soi et confiance en soi : deux piliers que l'on confond souvent

Estime de soi et confiance en soi : illustration de la différence par SpiriVie Formations
Lecture ~10 min Concepts clés Sources citées

Deux notions sœurs, sans cesse confondues — voici comment les distinguer pour savoir, enfin, sur laquelle agir en premier.

L'estime de soi et la confiance en soi sont sans doute les deux notions les plus confondues du développement personnel. La première désigne le jugement global que l'on porte sur sa propre valeur : « est-ce que je vaux quelque chose ? ». La seconde désigne la croyance en sa capacité à réussir une action précise : « est-ce que je suis capable d'y arriver ? ».

Autrement dit, l'estime de soi relève de l'être, la confiance en soi relève du faire. Les deux se nourrissent l'une l'autre, mais on peut très bien posséder l'une sans l'autre. Comprendre ce qui les sépare, c'est savoir exactement sur quoi agir pour avancer.

La différence en une phrase

Estime de soi

L'estime de soi est le jugement global qu'une personne porte sur sa propre valeur. Elle répond à la question « est-ce que je me considère comme une personne de valeur ? » et relève du ressenti, de l'être.

Confiance en soi

La confiance en soi est la croyance en sa capacité à accomplir une tâche ou à relever un défi donné. Elle répond à la question « est-ce que je me crois capable d'y arriver ? » et relève de l'action, du faire.

L'estime de soi : la valeur que l'on se reconnaît

L'estime de soi se construit tôt, à partir de l'amour reçu, de l'éducation et des expériences marquantes. Elle est plutôt stable et globale : elle colore la façon dont on se considère dans tous les domaines de la vie. Une bonne estime de soi, ce n'est pas se croire supérieur, mais se reconnaître une valeur intrinsèque, indépendamment de ses réussites ou de ses échecs.

La confiance en soi : la capacité à passer à l'action

La confiance en soi, elle, est contextuelle : on peut se sentir parfaitement à l'aise dans son métier et beaucoup moins en couple, ou l'inverse. Elle se nourrit de l'expérience et du regard que l'on porte sur ses tentatives passées. C'est, en quelque sorte, l'estime de soi mise en mouvement.

Le tableau comparatif

La même différence, critère par critère, pour ne plus jamais confondre les deux notions.

CritèreEstime de soiConfiance en soi
Porte surma valeurmes capacités
Registrel'êtrele faire
Phrase clé« je vaux »« je peux »
Stabilitéplutôt globale et durablecontextuelle et variable
Se construitdès l'enfance, par l'amour reçupar l'expérience et l'action
Signe de fragilitése dévaloriser, se sentir indignene pas oser, craindre l'échec

Les composantes de l'estime de soi

Dans leur ouvrage de référence, les psychiatres Christophe André et François Lelord décrivent l'estime de soi comme l'équilibre de trois composantes. On y ajoute souvent une quatrième dimension, tournée vers les autres : l'affirmation de soi.

Amour de soi

S'aimer et se respecter de façon inconditionnelle, quels que soient ses succès. C'est le socle le plus profond, posé dès l'enfance.

Le socle

Vision de soi

Le regard que l'on porte sur soi : ses qualités, ses limites, ses ressources. Une vision lucide et bienveillante nourrit l'estime.

Le regard

Confiance en soi

La conviction d'être capable d'agir et de relever des défis. C'est la composante qui se manifeste dans le geste et la décision.

L'action

Affirmation de soi

La capacité à exprimer ses besoins et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. L'estime tournée vers la relation.

La relation

Peut-on avoir l'une sans l'autre ?

Oui, et c'est même fréquent. Estime de soi et confiance en soi sont liées, mais relativement indépendantes : l'une peut être solide pendant que l'autre vacille. Deux profils l'illustrent bien.

Confiance forte, estime fragile

Une personne enchaîne les réussites professionnelles, ose, prend des risques — et pourtant pense au fond d'elle « je ne vaux pas grand-chose ». La confiance est là, l'estime manque.

Estime solide, confiance à construire

Une autre personne se sait digne de valeur et s'accepte pleinement, mais perd ses moyens dès qu'il faut parler en public ou aborder un domaine nouveau. L'estime est là, la confiance reste à bâtir.

Cette indépendance est une bonne nouvelle : elle permet de cibler précisément ce qui demande à être travaillé, plutôt que de tout mélanger sous l'étiquette vague du « manque de confiance ».

Origines et référents

Le concept d'estime de soi a une histoire et des auteurs de référence. Les connaître aide à distinguer le sérieux de la simple méthode à la mode.

MR

Morris Rosenberg

Sociologue américain, il conçoit en 1965 l'échelle d'estime de soi la plus utilisée au monde. Il définit l'estime de soi comme l'évaluation globale et l'attitude plus ou moins favorable qu'une personne entretient envers elle-même.

Source : M. Rosenberg, Society and the Adolescent Self-Image, 1965.
AL

Christophe André et François Lelord

Les deux psychiatres ont popularisé le sujet en langue française. Ils décrivent l'estime de soi par ses trois composantes — amour de soi, vision de soi et confiance en soi — dont l'équilibre conditionne une estime harmonieuse.

Source : C. André et F. Lelord, L'Estime de soi, Odile Jacob, 1999.
NB

Nathaniel Branden

Psychologue, il fait de l'estime de soi un besoin humain fondamental, reposant sur deux piliers : l'efficacité personnelle (la confiance en ses capacités) et le respect de soi (le sentiment de mériter le bonheur). Il en propose six pratiques quotidiennes.

Source : N. Branden, Les Six Piliers de l'estime de soi, 1994.

Laquelle travailler en premier ?

La réponse dépend de ce qui vous freine vraiment. Commencez par repérer où se situe la fragilité, puis enclenchez le cercle vertueux.

Signes d'une estime fragile

  • Difficulté à recevoir un compliment, tendance à le minimiser.
  • Sentiment de ne pas mériter sa place, son bonheur ou sa réussite.
  • Comparaison permanente aux autres, au détriment de soi.

Signes d'un manque de confiance

  • Hésitation à se lancer, même quand les compétences sont là.
  • Peur de l'échec qui pousse à éviter ou à reporter.
  • Aisance dans certains domaines, blocage net dans d'autres.

Par où commencer

Les deux se renforcent dans le même sens : l'action nourrit la confiance, et la confiance consolide l'estime. Travailler l'amour de soi pose les fondations ; oser de petites actions, même imparfaites, fait monter la confiance et, par ricochet, l'estime. L'essentiel est de valoriser le fait d'avoir tenté, plus que le résultat obtenu. À l'âge adulte, ces deux dimensions restent pleinement modifiables : elles s'entraînent, comme un muscle.

En faire un métier

Accompagner les autres vers l'estime et la confiance

Aider une personne à reconnaître sa valeur et à oser passer à l'action est au cœur du métier de coach de vie. C'est une voie d'accompagnement concrète, qui s'apprend et se professionnalise. Pour découvrir les compétences, le quotidien et les débouchés de ce métier, consultez notre guide complet.

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Questions fréquentes

L'estime de soi est le jugement que l'on porte sur sa propre valeur (« je vaux »). La confiance en soi est la croyance en sa capacité à réussir une action précise (« je peux »). La première relève de l'être, la seconde du faire.

Oui. On peut oser, réussir et prendre des risques tout en pensant ne pas avoir de valeur. À l'inverse, une bonne estime de soi facilite la confiance, mais ne la garantit pas dans tous les domaines, car la confiance reste contextuelle.

Cela dépend de votre fragilité dominante. En pratique, les deux se renforcent dans le même mouvement : poser l'amour de soi crée les fondations, et oser de petites actions fait monter la confiance, qui consolide ensuite l'estime.

Oui. L'estime de soi n'est pas figée : elle évolue toute la vie au gré des expériences. À l'âge adulte, elle se renforce par un travail régulier sur le regard porté sur soi, l'acceptation et le passage à l'action.

L'amour de soi est la composante la plus profonde de l'estime de soi : se respecter et s'accepter de façon inconditionnelle, indépendamment de ses réussites ou de ses échecs. C'est le socle posé dès l'enfance.

Difficulté à recevoir un compliment, tendance à minimiser ses réussites, sentiment de ne pas mériter sa place ou son bonheur, comparaison permanente aux autres, et difficulté à s'affirmer face aux autres.

Gaëlle de Gabriac, fondatrice de SpiriVie Formations
Rédigé par

Gaëlle de Gabriac

Cofondatrice de SpiriVie Formations, école de thérapie holistique en ligne accréditée IPHM ; conçoit les contenus pédagogiques et accompagne les personnes qui souhaitent se former aux métiers de l'accompagnement.

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Sources
  • Morris Rosenberg, Society and the Adolescent Self-Image, Princeton University Press, 1965.
  • Christophe André et François Lelord, L'Estime de soi. S'aimer pour mieux vivre avec les autres, Odile Jacob, 1999.
  • Nathaniel Branden, Les Six Piliers de l'estime de soi, 1994.
  • Josiane de Saint Paul, Estime de soi, confiance en soi, InterÉditions, 1999.

Pour aller plus loin

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